Le 19 avril 2024, une nouvelle constitution est définitivement adoptée par les députés togolais. Elle prévoit d’importants changements.
Ce nouveau texte supprime le suffrage universel pour élire le président de la République, et institue le président du Conseil des ministres en tant que détenteur de tous les pouvoirs d’État. Le pays passe donc d’un régime présidentiel à un régime parlementaire. De plus, la limite de deux mandats présidentiels maximum a été levée. Le président dispose désormais d’un nombre de mandats infini. Cette règle a été caractérisée de tournant autoritaire, dans la mesure où les citoyens ne sont plus libres de choisir leur gouverneur, et n’ont pas été mis au courant du changement de constitution. En effet, elle n’a pas été votée par référendum, mais par le parti au pouvoir via des procédures législatives ambiguës. Ce procédé rentre par ailleurs en violation avec l’article 59 de la constitution de la IVe République : « Le président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Cette disposition ne peut être modifiée que par voie référendaire ». Le gouvernement est vivement critiqué pour certaines atteintes à la liberté, telles que l’interdiction du droit de manifestation depuis 2022, ou encore la diminution de la liberté de la presse via la censure de certaines images journalistiques et l’interdiction des conférences de presse.
Le 6 mai 2024, la nouvelle constitution est promulguée. Le titre de « président de la République » n’est désormais plus qu’un titre honorifique. Le chef du parti majoritaire de l’Assemblée nationale est élu président du Conseil des ministres par les députés et sénateurs réunis en congrès. Ce chef est Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 20 ans.
Le 2 mai 2025, Faure Gnassingbé prête serment en tant que président du Conseil des ministres.
Le 3 mai, la Ve République est définitivement instaurée. Les règles de la nouvelle constitution se confirment pour les citoyens, qui ne sont pas en accord avec celles-ci.
Le 26 mai, le rappeur togolais Aamron publie une vidéo dans laquelle il appelle les habitants à manifester contre Faure Gnassingbé, le 6 juin. Il est arrêté le jour même par une cinquantaine de gendarmes, d’après Le Monde. Il est mis en prison, attaché, frappé, par les autorités. Une semaine plus tard, Aamron publie, d’un hôpital psychiatrique, une vidéo d'excuses auprès de Faure Gnassingbé. Il justifie son comportement par une dépression aggravée. Il explique plus tard que le gouvernement l’a menacé d’interner sa fille s’il ne faisait pas cette vidéo. Le 21 juin, Aamron est libéré.
Le 6 juin, l’appel d’Aamron a été repris par d'autres artistes et blogueurs qui ont mobilisé les Togolais dans les rues de Lomé. La police, les militaires et miliciens au service du pouvoir sont sur place. Ils exercent une forte répression sur les manifestants. 114 arrestations sont comptées, selon Libération. Le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, qualifie ces manifestations de « terrorisme et violence gratuite ». Il estime que si les citoyens manifestent, c’est uniquement parce qu’ils sont manipulés par des influenceurs et artistes.
Cependant, les Togolais ont de nombreuses raisons de se révolter : la dégradation de leurs conditions de vie (manque d’emplois, infrastructures précaires,…), l’augmentation de 12,5 % du prix de l’énergie. Ils veulent montrer leur désaccord avec la nouvelle constitution et leur volonté de faire démissionner Faure Gnassingbé.
Suite à ces violentes manifestations, le mouvement M66, « Mouvement du 6 juin », s’est créé. Ses meneurs sont principalement des artistes, blogueurs, activistes. Ils diffusent des vidéos contre Faure Gnassingbé et appellent aux manifestations, malgré l’interdiction. D’autres mouvements d’opposition se sont créés, tels que l’Alliance Nationale pour le Changement, le Front citoyen Togo Debout. Des partis d’opposition politiques se sont regroupés en un mouvement nommé « Touche pas à ma constitution ». Ils assimilent la répression à une volonté de traumatiser le peuple.
Du 26 juin au 28 juin, d’autres manifestations, et répressions, ont lieu. Le bilan humain du mois de juin s’élève à 7 morts, dont 5 corps repêchés dans les lagunes de Lomé (Le Monde). Les causes de ces morts font débat dans l’espace public. Le gouvernement les justifie par une noyade, alors que des blessures par balle ont été retrouvées sur les corps. Il félicite les forces de sécurité pour « leur professionnalisme et leur sens de responsabilité ».
Des témoignages viennent confirmer l'usage de la violence par le gouvernement. Amnesty International a publié le témoignage d’un homme vivant à Avénou : « Le 30 juin, tout était tranquille dans le quartier. Subitement, trois pickups et une voiture sont rentrés à toute vitesse dans notre rue. Tout le monde a commencé à fuir. Des hommes sont rentrés dans notre maison en forçant la porte. Ils nous ont fait sortir et nous ont dit de nous agenouiller. Ils étaient tous en civil, ils ont braqué leurs armes sur nous, puis ils nous ont battus. Ils sont partis en disant qu’ils allaient revenir. »
Les arguments de défense du gouvernement, qui refuse d'assumer son idéologie répressive, s’appuient sur la loi N°2011-010 du 16 mai 2011 : « Une violation flagrante des textes en vigueur qui expose les auteurs, co-auteurs et complices à la rigueur de la loi et aux sanctions pénales prévues à cet effet qui seront appliquées avec fermeté ».
Le 9 juillet, les autorités ont émis des mandats d’arrêt internationaux contre certains membres du M66. Ces derniers ont appelé à manifester le 16 et 17 juillet, soit la veille des élections municipales togolaises. Calixte Madjoulba, ministre démissionnaire de la Sécurité, a menacé ces membres : « Soyez rassurés que nous irons jusqu’au bout […] quel que soit l’endroit où ils résident, on ira les chercher ».
Le 16 juillet, les forces de l’ordre étaient partout à Lomé pour « garantir la sécurité des élections ». Aucune manifestation n’a eu lieu lors des élections.
Sur le plan international, le Parlement européen propose une résolution en invitant les autorités togolaises « à assurer la promotion et la protection des principes fondamentaux des droits de l'homme et des peuples ». Une pression sur le gouvernement se crée, comme par exemple via le Millennium Challenge Account (MCC), un programme américain fondé sur des critères de bonne gouvernance, qui a diminué ses dons envers le Togo de 400 millions de dollars. La FIDH et le collectif d’avocats demandent l’ouverture d’une enquête internationale indépendante conduite par l’Organisation des Nations unies, pour que soit démantelée " la milice politique du régime de Lomé ".

Le 10 mars 2026, la construction d’un nouveau forage à proximité de l’école primaire du village d’Edouwossi-Kopé a été finalisée. Il est dès à présent utilisé par l’ensemble des membres de l’école, soit 125 élèves et 5 enseignants, ainsi que par les 600 habitants du village et quelques populations de villages environnants (Nyile, Akroa). L’accès au forage est totalement libre et assuré toute l’année. Sa maintenance est financée par la contribution des habitants d’Edouwossi-Kopé, à hauteur de vingt-cinq euros par personne.
Edouwossi-Kopé se situe dans le canton d’Ekpégnon, au sud du Togo. Les activités agricoles constituent une ressource essentielle pour les habitants du village. Ils bénéficient également d’une forêt communautaire riche en plantes utiles au fonctionnement de l’économie locale. Ce village dispose aussi d’une école primaire, qui représente un véritable atout pour les enfants.
Cependant, avant le 10 mars 2026, les écoliers étaient contraints de parcourir plus de deux kilomètres pour s’approvisionner en eau, en raison du manque d’infrastructures hydrauliques. Bien souvent, ces ressources étaient insalubres, provoquant des maladies microbiennes chez les enfants, pouvant aller jusqu’au décès. Ces problèmes de santé, combinés au temps nécessaire pour accéder aux points d’eau, entraînaient un manque d’assiduité scolaire, voire l’abandon complet des études.
Des dispositifs tels que des systèmes traditionnels de filtration de l’eau ont été mis en place, mais ceux-ci restaient insuffisants pour éradiquer la prolifération bactérienne.
C’est dans ce contexte que l’ONG togolaise La Mission des Jeunes a proposé à ISET de financer un projet de construction d’un forage à proximité de l’école primaire d’ Edouwossi-Kopé. ISET a alors mobilisé les fonds nécessaires, permettant à l’entreprise de construction togolaise La Grâce de Dieu de débuter les travaux en décembre 2025.

En février 2025, la construction d’un forage a débuté à Assahoun, un village de plus de 6 000 habitants, situé à 56 kilomètres au Nord de Lomé (la capitale du Togo). Ce projet a pour but de garantir un meilleur accès à l’eau potable aux 1 010 élèves de l’école primaire publique, à leurs professeurs, ainsi qu’aux enfants du jardin d’enfants voisin et aux familles habitant autour de l’école.
Pourquoi ce projet ?
L’ONG La Mission des Jeunes, notre partenaire depuis 2001, nous aide dans le choix des projets à financer en ciblant les villages qui connaissent des besoins importants.
En octobre 2024, ses représentants se sont rendus à Assahoun pour rencontrer la direction de l’école et le Comité de Développement du Village. Ceux-ci nous ont relayé un besoin urgent d’accès à l’eau potable pour les élèves de l’école primaire.
En effet, jusque-là, le seul forage du village se trouvait à plus d’un kilomètre de l’établissement, ce qui obligeait certains élèves à rentrer chez eux sur la pause de midi pour s’hydrater. Ceux qui habitaient loin de l’établissement n’avaient par conséquent plus le temps de revenir pour les cours de l’après-midi. Le manque d’accès à l’eau potable dans l’école causait donc un absentéisme important.
De plus, le manque d’installation permettant un accès facile à une eau certifiée potable contraignait les élèves et les professeurs à consommer une eau stockée dans des bidons et récipients. Cela favorise la propagation de maladies et la prolifération de moustiques, principaux vecteurs du paludisme (le paludisme reste la première cause d’hospitalisation au Togo d’après une étude réalisée en 2021 par les Nations Unies).
Finalement, les enfants ne peuvent pas se laver les mains après avoir fait leurs besoins naturels, ce qui pose encore une fois des problèmes d’hygiène importants. La bonne santé des enfants à Assahoun est donc un enjeu crucial de l’amélioration de leurs conditions d’éducation.
Pour répondre à ce besoin, notre association a donc financé la construction du forage grâce à des subventions. L’élaboration du projet a été menée en concertation avec les représentants du village, la direction de l’école et la communauté locale, afin de choisir l’emplacement le plus adapté et d’intégrer les doléances des habitants. La réalisation du projet a été confiée à l’entreprise togolaise Experts Building, Architecture et Génie Civil, avec qui nous avions déjà collaboré sur plusieurs projets en 2023. Le suivi de la construction a été assuré par Kokou Edouwossi, directeur de la Mission des Jeunes, en lien direct avec les ouvriers. Le projet a débuté en février 2025 et est à présent terminé.
Un projet durable
Le rôle de notre association consiste certes à financer les projets, mais aussi de faire en sorte qu’ils restent fonctionnels sur la durée, sans dépendre de nos financements. Une sensibilisation des bénéficiaires du forage a été assurée par des représentants du village afin que chacun soit formé à l’entretien des installations et aux bonnes pratiques d’hygiène.
D’autre part, l’eau sera en libre accès pour les élèves du collège et payante pour les habitants du village. Cet argent permettra de financer d'éventuelles réparations en cas de dégradation. Ce système permet d'autonomiser les contributeurs de ce forage de les rendre indépendants des financements de notre association concernant la gestion ou les frais de maintenance du forage.
Par ailleurs, si des réparations s’avèrent nécessaires, nous nous sommes entretenus avec le Comité de Développement du village et la direction des écoles pour s’assurer que les parents d’élèves étaient prêts à cotiser ensemble pour financer les potentiels travaux de réparation.

Le 13 août 2025, un forage à pompe a définitivement été installé dans le village d’Akepedo, peuplé par 3 000 habitants, au sud du Togo. Le forage se situe dans l’enceinte de l’école d’Akepedo. Les travaux, financés par ISET, ont été réalisés par l’entreprise de construction togolaise « La grâce de Dieu ». Environ 700 habitants utilisent le forage chaque semaine. Ils bénéficient d’un accès gratuit au forage, ouvert pendant les heures de cours scolaires.
Afin d’assurer la pérennité du projet, plusieurs dispositifs ont été mis en place. D’abord, environ 500 personnes contribuent financièrement à la maintenance du forage. Le chef du village s’assure de la bonne utilisation de ces fonds. De plus, la directrice de l’école a été désignée comme « référente eau » par les habitants. D’autres discussions sont en cours, entre le comité villageois de développement et l’association des parents d'élèves, pour désigner un autre référent, chargé de récupérer les cotisations auprès des villageois qui viennent chercher l’eau dans l’école.

Le 15 février 2025, un nouveau groupe électrogène Total, financé par ISET, a été installé dans le village de Gape Atchanve, au sud du Togo.
Ce groupe électrogène permet de faire fonctionner, de façon hebdomadaire, le forage électrique du village. Il est fréquemment utilisé pendant les périodes de crue. L’école d’ Atchanve, comprenant 96 élèves et 5 professeurs, est la structure du village qui bénéficie le plus de cette nouvelle installation.
ISET a financé la construction du forage électrique dans le village en septembre 2022, mais celui-ci fonctionnait jusqu’à présent grâce à un groupe électrogène prêté par un habitant du village. L’objectif du nouveau groupe électrogène est donc d’aboutir à une totale indépendance du forage électrique, sans intervention des habitants pour le fonctionnement de ce dernier.
ISET avait déjà œuvré deux fois auparavant pour le village de Gape Atchanve. En 2016, l’association a financé la construction locale d’un collège. En 2019, elle a permis l’installation de panneaux solaires.

Le projet “Tous Pour Une” est né au début de l’année 2021, dans le village de Yopé, au sud du Togo. Comme chaque année, ce projet est porté par les étudiants de l’Université Paris Dauphine-PSL, membres de l’association dauphinoise Initiatives Solidaires pour l’Éducation au Togo (ISET). Il est mis en œuvre en collaboration avec l’ONG togolaise La Mission Des Jeunes (MDJ). Partenaires depuis 2002, ISET et la MDJ ont déjà mené trois éditions de ce projet dans les collèges de Davedi, de Kévé et d’Amédehoévé.
Au Togo, le taux de scolarisation des filles est estimé à 55% contre 78% chez les garçons. L’une des principales causes d’absentéisme chez les filles est la précarité menstruelle, particulièrement en milieu scolaire rural.
“Tous pour une” a donc pour objectif d’organiser une journée de sensibilisation autour des sujets de menstruations, d’IST et de MST, de violences sexistes et sexuelles, et de harcèlement scolaire. Cette journée offre également l'occasion de former les jeunes filles à la couture afin qu'elles puissent confectionner elles-mêmes des protections hygiéniques réutilisables.
Plus largement, cette journée a pour but d’encourager la compréhension, l’échange et la promotion de l’égalité entre les sexes. Les garçons sont également inclus à la discussion pour qu’ils puissent mieux appréhender ces problématiques, et pour qu’ils contribuent à défendre les jeunes filles victimes de VSS.
Afin d’ajuster le contenu de la journée pour les prochaines années, d’améliorer l’animation des ateliers et de renforcer l’impact de la sensibilisation auprès des garçons (il n’y avait auparavant que les filles qui en bénéficiaient), nous avons organisé des questionnaires de suivi, durant l’année scolaire 2024-2025, auprès des élèves et enseignants de ces collèges. Suite à leurs retours positifs sur la poursuite de ce projet, nous avons organisé, le 10 mai 2025, la 4e édition du projet « Tous pour une » dans le village d’Atti-Touwui, au Sud-Ouest du Togo.
Parmi les 120 élèves du collège d’Atti-Touwui, 20 à 25 filles et 10 garçons en classe de 4e et 3e se sont portés volontaires pour participer à cette journée. Cette dernière a été organisée par des couturières locales, des bénévoles de la MDJ, et la chefferie du village. Elle a également été animée par Eugénie Gadedjisso, journaliste togolaise pour le web magazine féministe Afrikielles.
Lors de la matinée, la journaliste, accompagnée des bénévoles féminines de la MDJ, ont ouvert la discussion avec les collégiennes sur les thèmes du fonctionnement du cycle menstruel, de l’hygiène menstruelle ou encore les violences sexistes et sexuelles. En parallèle, les collégiens ont eux aussi pris conscience de sujets importants comme les violences basées sur le genre et en milieu scolaire, autour d’une discussion avec deux bénévoles de la MDJ.
L’après-midi, trois couturières ont animé l’atelier de couture, avec pour objectif d’initier les jeunes filles à la fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables. Pour se faire, deux machines à coudre ont été mises à disposition du collège et chaque collégienne s’est vu recevoir un kit de couture, ainsi que des culottes.
L’objectif du projet “Tous Pour Une” est de laisser un impact sur le long terme. Tout d’abord, les machines à coudre utilisées pendant la journée sont entreposées à la chefferie du village et mises à disposition tous les mercredis au collège, ainsi que sur demande, pour pouvoir être utilisées régulièrement. Par ailleurs, les filles formées transmettent leur savoir aux autres collégiennes. Enfin, des ateliers hebdomadaires sont organisés par les enseignants.
Nous tenons à remercier chaleureusement BPCE LEASE pour avoir financé ce projet dans son intégralité. Le système de cagnotte solidaire mis à disposition des collaborateurs pour financer des projets caritatifs a permis de mettre en lumière l’importance de notre projet Tous Pour Une. Nous sommes reconnaissants à tous ceux qui ont fait le choix de le porter.
